lundi 5 décembre 2016

Autriche, le soulagement, et après ? par Benjamin Birnbaum

Le 4 décembre le candidat indépendant et ancien chef du parti Vert Alexander Van der Bellen a remporté le 2e tour des élections présidentielles en Autriche avec plus de 53 %. Cette victoire constitue certes un soulagement pour la gauche et les démocrates en Autriche, mais ne saura pas cacher le fait que le danger de l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite est plus que jamais d'actualité. Aussi à cause de la campagne électorale de Van der Bellen. (Un aperçu plus complet de la situation politique autrichienne se trouve ici)

Pourquoi une nouvelle élection ?

Le 22 mai 2016 l'ancien chef du parti Vert, qui s'est présenté sans étiquette, Alexander Van der Bellen a remporté le deuxième tour de l'élection présidentielle en Autriche. Après avoir initialement reconnu sa défaite le candidat du FPÖ (extrême-droite) Norbert Hofer a contesté le résultat pour motif d'irrégularités. Saisi par le FPÖ, la Cour constitutionnelle autrichienne avait ouvert une enquête qui a mené à l'annulation du scrutin du 22 mai.

dimanche 27 novembre 2016

A Cuba, «la légitimité du régime s’effrite», entretien avec Janette Habel par Lénaïg Bredoux (Mediapart.fr)

Au lendemain de l'annonce de la mort de Fidel Castro, Janette Habel, spécialiste de Cuba et enseignante à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine à Paris III, analyse les conséquences de la disparition de l'ancien révolutionnaire devenu despote qui a régné 50 ans sur Cuba. « Cuba vit une période de transition dans tous les domaines », explique la politologue, qui fait également partie du Centre de recherches sur l'Amérique latine et les Caraïbes, à l'université Aix-Marseille. Elle décrypte aussi les causes des réactions très contrastées provoquées par le décès du “líder maximo”. « Il y a une spécificité du système politique cubain, mal analysé par une pensée manichéenne : c’est soit, pour les uns, la Corée du Nord, soit, pour les autres, le paradis socialiste que l’Union soviétique n’a pas pu incarner. Rien de cela ne répond à la complexité de la réalité cubaine », estime Janette Habel. 

Mobilisation générale contre le monstre Trump !, par Yorgos Mitralias

Personne ne peut prévoir si Trump restera fidèle à ses effrayantes promesses électorales. Par contre, il est déjà plus que certain que son élection à la présidence des Etats Unis donnera des ailes à la pire extrême droite partout au monde, et naturellement en Europe et en Grèce. 

Alors, ne serait-ce que pour cette seule raison, la situation est suffisamment alarmante pour que soit qualifié d’irresponsable et même de criminel tout comportement et prise de position qui sous-estime le danger, fait preuve d’aveuglement et paralyse la réaction des citoyens. 

Pourtant, un simple coup d’œil aux premières réactions des medias nord-américains et européens suffit pour qu’on soit conduit à la triste conclusion qu’on n'a rien appris des tragédies d’hier puisque le présent commence à présenter d’extraordinaires similitudes avec le passé. 

mardi 22 novembre 2016

Appel pour la suspension de l’Accord d’Association Union Européenne - Israël


Depuis l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza et l’annexion de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, en 1967, Israël viole quotidiennement le droit international et les résolutions des Nations Unies.


Parmi ces violations, dont certaines constituent des crimes de guerre, mentionnons la construction de colonies de peuplement dans les territoires occupés et celle du mur de séparation, le recours à des emprisonnements sans jugement, à des mauvais traitements et à des conditions de détention des Palestiniens contrevenant à la Quatrième Convention de Genève, le non-respect des règles sur la conduite des hostilités lors d’offensives contre Gaza et les entraves aux missions médicales dans les territoires occupés, etc.

dimanche 20 novembre 2016

Nous n'acceptons pas de voir notre passé commun insulté par Jean-Luc Mélenchon

Nous venons de lire le blog de Jean-Luc Mélenchon qui, pour s’en prendre à la couverture de sa campagne présidentielle par Le Monde, choisit de calomnier le passé militant d’un des journalistes de cette rédaction, en charge de l’Amérique latine. 
Paulo Paranagua est ainsi décrit par le candidat de « La France insoumise » comme un « assassin repenti » en tant qu'ancien dirigeant de la « Fraction rouge de l'ERP d'Argentine », qu’il qualifie de « groupe de provocateurs ». 

Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à qualifier Paulo Paranagua de « muse de la CIA », l’accusant à demi-mots d’être responsable « de la mort de toutes les personnes qui l’ont approché sur place ». Ces accusations sont lancées sans l’ombre du début d’une preuve, sans qu’aucun fait ne viennent les étayer. C’est inacceptable. 

vendredi 18 novembre 2016

USA : Don't mourn, organize ! (Ne prenez pas le deuil ! Organisez-vous !) , par Mathieu Dargel

Une fois le choc de l’élection de Trump passé, mardi dernier, les organisations et courants politiques de la gauche radicale américaine ont commencé à s’interroger sur les raisons et sur les conséquences de cette élection. Nous avons déjà publié quelques-unes de ces analyses sur notre site. Aujourd’hui, le débat est lancé. Comment résister, comment mobiliser, quelle organisation, quelles structures ?

Dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, le comité éditorial du magazine Jacobin (www.jacobinmag.com) posait en des termes très clairs le bilan de la campagne électorale, tant celle de Clinton que celle de Sanders et proposait à l’ensemble des forces de la gauche radicale américaine des pistes pour l’action et la réflexion.

mardi 15 novembre 2016

Etat espagnol. «Les habitants d’Andalousie sont fatigués d’attendre des solutions qui n’arrivent jamais». Entretien avec Teresa Rodriguez

Teresa Rodríguez a fait des ravages lors du nouveau processus de primaires [de Podemos Andalousie], où elle conserve le poste de secrétaire générale de Podemos Andalousie. Les chiffres sont massifs: Teresa a obtenu 75,64% des suffrages exprimés, accumulant un total de 13’184 voix, loin devant ses rivales, toutes deux s’inscrivant dans le sillage de ce que l’on nomme «l’errejonisme, [du nom du numéro deux de Podemos, Íñigo Errejón]. Carmen Lízarraga a à peine dépassé les 2000 voix (11,59%) alors que Begoña Gutiérrez, désignée par l’équipe de Sergio Pascual, le secrétaire à l’organisation de Podemos – déposé [en mars 2016] – doit se contenter d’une pauvre troisième place avec 1946 voix (11,16%). Sergio Pascual lui-même, qui se présentait au Conseil citoyen de Podemos Andalousie, a été surpris par son triste et éloquent résultat: 3’455 voix, arrivant en 29e position sur les 34 délégués. La victoire de Teresa Rodríguez est encore plus importante si l’on tient en compte que la participation à ces élections primaires a triplé par rapport aux précédentes, passant de 6000 suffrages à 17’622.

Préface de Michel Warschawski au livre d’Ilan Halevi : Question juive – La tribu, la loi, l’espace

Quiconque a connu Ilan d’un peu près sait qu’il était porteur d’identités nombreuses et a vécu de nombreuses vies. Et pourtant, on a toujours et encore des surprises. Ilan et moi avons été amis pendant plus de quarante ans, mais c’est aujourd’hui, en relisant Question juive que je découvre encore une autre facette, qui m’avait échappée pendant des décennies. 

Je l’avais pourtant lu au moment de sa publication, sans doute un peu rapidement et superficiellement, m’imaginant qu’il n’aurait rien de nouveau à m’apprendre sur un sujet dont j’avais déjà fait un mémoire au cours de mes études universitaires. Et voilà que Mariam, sa fille, m’a demandé d’écrire une préface pour sa réédition. 

Moins arrogant que pendant ma jeunesse, je viens de relire l’ouvrage, du début à la fin, et je découvre encore un Ilan. L’expert en histoire juive. Quand on côtoyait Ilan, on n’avait de cesse de découvrir son immense érudition : il connaissait un nombre inimaginable de sujets, dont il pouvait parler pendant des heures, intégrant quantités d’anecdotes à une trame historique serrée. Sur le jazz il était intarissable, de même que sur l’histoire, ou plutôt les histoires, de l’Afrique ou des Caraïbes, avec des connaissances fournies et détaillées. 

jeudi 10 novembre 2016

Comment ce monstre a-t-il pu gagner ? par Socialist worker

Editorial publié sur le site Socialistworker.org
 
De nombreux lecteurs de Socialist Worker ayant de jeunes enfants nous ont commenté sur les réseaux sociaux, tard la nuit passée, qu’ils avaient couché leurs enfants en les assurant que le monstre ne gagnerait pas. Ils redoutaient d’avoir à expliquer comment «cela» pouvait se produire. Nous savons tous comment ils se sentent.

La victoire de Donald Trump expose la décrépitude à laquelle est arrivé le système politique américain après des décennies de gouvernement oligarchique des deux partis. Il s’agit d’un homme qui dispose de liens avec l’extrême droite raciste, un narcisse pathologique qui s’est lancé dans la course à la présidentielle avec le but de stimuler sa marque médiatique. Il horrifie et dégoûte non seulement des millions de membres de la classe laborieuse, mais une majorité de la classe dominante américaine.