lundi 9 janvier 2017

Afrique-du-Sud : la nation arc-en-ciel dans la tourmente, par Jacqueline Dérens

La domination de l’alliance entre l’ANC, la COSATU et le Parti communiste sur la vie politique sud-africaine est en crise. Si l’apartheid a été balayé, l’horizon d’une société égalitaire est contrarié par le règne du néolibéralisme.
L’Afrique du Sud, après avoir suscité un enthousiasme à la hauteur de sa victoire contre le régime d’apartheid, avec un hommage à la limite de l’adoration pour Nelson Mandela, semble aujourd’hui oubliée, sauf pour signaler les frasques de son actuel président. C’est omettre que colonialisme et régime d’apartheid, plus de 350 ans d’une histoire de violence et de mépris, ne s’effacent pas d’un revers de main, ni même par un bulletin de vote. Inégalités, racisme, sexisme sont encore bien là, en dépit des progrès réalisés. Il y a encore beaucoup de montagnes à franchir au pays de Mandela et l’African national congress (ANC) ne semble plus à la hauteur des défis à relever.

dimanche 1 janvier 2017

Grèce .Réfugiés: Illégaux sont les noyades et les camps de concentration et non la désobéissance politique et la solidarité

A l’aube du mercredi 28 Décembre 2016, la police portuaire d’Igoumenitsa (Grèce) a arrêté Mikel Zuloaga et Begonia Huarte, d’ origine basque, parce qu’ ils essayaient de convoyer dans leur mobile home 8 réfugiés vers le pays basque. Leur action s’inscrivait dans le cadre d’une vaste campagne en faveur de la circulation libre des refugiés avec la garantie de conditions de vie dans la dignité; elle s’incrivait aussi que dans la lutte pour une vie sans discriminations ni exclusions sociales. Il s’agit d’un acte de justice. 

Les deux basques détenus à Igoumenitsa affrontent des accusations entrainant des peines lourdes. Six parmi ces refugiés ont été libérés, tandis que les deux autres sont détenus dans des conditions indignes parce qu’ils étaient sans papiers.

mardi 27 décembre 2016

La chute d’Alep Est : nos destins sont liés…, par Joseph Daher

Les quartiers libérés d’Alep Est, ni sous le contrôle du régime Assad, ni sous celui des forces djihadistes, sont tombés il y a quelques jours sous le déluge de feu de l’aviation russe et du régime Assad et des avancées au sol des forces pro-régime, composée de centaines de soldats d’élite de la Garde républicaine et de la 4e division syrienne, mais surtout de milliers de combattants irakiens, afghans et libanais, encadrés par l’Iran et le Hezbollah. Dans la conquête des quartiers Est de la ville d’Alep, les forces pro-régime ont commis de nouveaux crimes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme affirmait disposer d’éléments crédibles indiquant que quelque 82 civils ont été abattus par des membres des forces pro-régime chez eux ou dans la rue durant la conquête des quartiers d’Alep Est.

lundi 26 décembre 2016

Climat – Réponse à Daniel Tanuro par un détour historique. Un gouvernement mondial pour sauver la civilisation, par Marc Bonhomme

Sans doute ais-je trop souligné, sans les mettre en contexte, deux phrases contradictoires dans deux textes différents de Daniel Tanuro à propos des Accords de Paris [1]. Par contre, si les Accords d’Arusha sur le Rwanda furent un arrangement pour tenter d’arrêter une guerre fratricide, ceux de Paris entérinent par leurs plans nationaux la guerre contre la nature [2]. Par ailleurs, je tiens à le rassurer que je suis tout à fait conscient de « la gravité du changement climatique ». J’ai été un porteur de ballon lors du dernier congrès de Québec solidaire pour le rejet du marché et de la taxe carbone et pour l’adoption de la cible de réduction des deux tiers des GES pour 2030 par rapport à 1990 [3], cible proposée par Carbon Action Tracker pour le Canada afin d’être conforme à l’horizon d’une hausse maximum de 2°C en 2100 [4]. Cette sensibilité je la dois beaucoup à ses analyses.
Au bout du compte, notre évaluation différente de l’importance politique des accords de Paris ne vient-elle pas d’une évaluation différente de la présidence Trump ? C’est facilement perceptible dans nos textes sur le sujet publiés par ESSF [5]. Peut-être y a-t-il là une influence de notre place respective dans les rapports sociaux ou plutôt dans les rapports nationaux. Alors que la Belgique et la France ont été la cible du contrecoup djihadiste, non seulement le Canada / Québec ne connaît-il pas de phénomène Trump mais il vient plutôt de se sortir de dix ans de gouvernement obscurantiste que l’on pourrait qualifier de proto-Trump en faveur du « good feeling » d’un gouvernement « selfie » [6] ... conservant les cibles GES ridicules de l’ancien gouvernement Conservateur tout en donnant le feu vert à deux projets d’oléoducs pour pétrole bitumineux [7].

Il vaut alors la peine de faire un détour historique et géopolitique pour encadrer le phénomène Trump de sorte à recadrer les tâches anticapitalistes.

vendredi 16 décembre 2016

Palestine : « La lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous », entretien avec Yonatan Shapira

Yonatan Shapira, refuznik et activiste de la paix israélien, a parlé à Middle East Eye de son cheminement personnel, de l’activisme pro-palestinien et des perspectives de paix en Palestine Yonatan Shapira est un « refuznik » israélien, un de celles et ceux qui refusent ouvertement de servir l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. 

En 2003, il publiait avec 26 autres pilotes de l’armée une lettre ouverte dénonçant les attaques « illégales et immorales que l’État d’Israël effectue dans les territoires palestiniens ». Depuis, l’ancien capitaine de l’armée de l’air, membre de l’élite militaire, fils d’un pilote de la guerre de 1973 et petit-fils de victimes du génocide juif est devenu un activiste de la paix. Indigné par le sort de Gaza, il tentera, avec d’autres, de pénétrer par trois fois dans l’enclave palestinienne par voie maritime, avec une simple cargaison de jouets et de fournitures scolaires. 

samedi 10 décembre 2016

Italie : cela s'appelle l'aurore, par Mathieu Dargel

Depuis l’annonce du résultat du référendum constitutionnel en Italie, la presse ne parle que d’une « victoire des populistes », des « risques pour l’Europe et l’Euro», du « désaveu des élites » sans jamais prendre en compte la complexité, ni les ambigüités de la campagne pour le nom, sans prendre la mesure, une fois de plus, de la colère et de la mobilisation populaire contre l’austérité néo-libérale et ses conséquences anti-démocratiques. 

Un des premiers enseignements à tirer des résultats du référendum du dimanche 4 décembre est la très importante participation ? Plus de 65%, un score comparable à celui des élections parlementaires de 2013, point fort de la mobilisation pour se débarrasser de Berlusconi. Même si la participation est un peu plus faible dans le Sud, il s’agit là d’un indicateur fort de la place nouvelle prise par le débat politique en Italie. 

lundi 5 décembre 2016

Autriche, le soulagement, et après ? par Benjamin Birnbaum

Le 4 décembre le candidat indépendant et ancien chef du parti Vert Alexander Van der Bellen a remporté le 2e tour des élections présidentielles en Autriche avec plus de 53 %. Cette victoire constitue certes un soulagement pour la gauche et les démocrates en Autriche, mais ne saura pas cacher le fait que le danger de l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite est plus que jamais d'actualité. Aussi à cause de la campagne électorale de Van der Bellen. (Un aperçu plus complet de la situation politique autrichienne se trouve ici)

Pourquoi une nouvelle élection ?

Le 22 mai 2016 l'ancien chef du parti Vert, qui s'est présenté sans étiquette, Alexander Van der Bellen a remporté le deuxième tour de l'élection présidentielle en Autriche. Après avoir initialement reconnu sa défaite le candidat du FPÖ (extrême-droite) Norbert Hofer a contesté le résultat pour motif d'irrégularités. Saisi par le FPÖ, la Cour constitutionnelle autrichienne avait ouvert une enquête qui a mené à l'annulation du scrutin du 22 mai.

dimanche 27 novembre 2016

A Cuba, «la légitimité du régime s’effrite», entretien avec Janette Habel par Lénaïg Bredoux (Mediapart.fr)

Au lendemain de l'annonce de la mort de Fidel Castro, Janette Habel, spécialiste de Cuba et enseignante à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine à Paris III, analyse les conséquences de la disparition de l'ancien révolutionnaire devenu despote qui a régné 50 ans sur Cuba. « Cuba vit une période de transition dans tous les domaines », explique la politologue, qui fait également partie du Centre de recherches sur l'Amérique latine et les Caraïbes, à l'université Aix-Marseille. Elle décrypte aussi les causes des réactions très contrastées provoquées par le décès du “líder maximo”. « Il y a une spécificité du système politique cubain, mal analysé par une pensée manichéenne : c’est soit, pour les uns, la Corée du Nord, soit, pour les autres, le paradis socialiste que l’Union soviétique n’a pas pu incarner. Rien de cela ne répond à la complexité de la réalité cubaine », estime Janette Habel. 

Mobilisation générale contre le monstre Trump !, par Yorgos Mitralias

Personne ne peut prévoir si Trump restera fidèle à ses effrayantes promesses électorales. Par contre, il est déjà plus que certain que son élection à la présidence des Etats Unis donnera des ailes à la pire extrême droite partout au monde, et naturellement en Europe et en Grèce. 

Alors, ne serait-ce que pour cette seule raison, la situation est suffisamment alarmante pour que soit qualifié d’irresponsable et même de criminel tout comportement et prise de position qui sous-estime le danger, fait preuve d’aveuglement et paralyse la réaction des citoyens. 

Pourtant, un simple coup d’œil aux premières réactions des medias nord-américains et européens suffit pour qu’on soit conduit à la triste conclusion qu’on n'a rien appris des tragédies d’hier puisque le présent commence à présenter d’extraordinaires similitudes avec le passé.