mercredi 17 mai 2017

Grèce : grève générale mercredi 17 mai, par l'Unité Populaire

Le premier mai le gouvernement SYRIZA-ANEL a choisi de donner son accord au quatrième et nouveau mémorandum avec les institutions ! En faisant des « serments » au nom des travailleurs, il a annoncé la suppression du jour de repos dominical et l’ouverture des établissements commerciaux au moins 32 dimanches par an. 

Il a donné son accord pour une nouvelle baisse des retraites, une nouvelle augmentation des cotisations sociales, une nouvelle augmentation de la fiscalité, la levée du véto ministériel concernant les licenciements collectifs, un allongement dans la durée des règlements réactionnaires de la période 2011-2012 concernant les conventions collectives, le rétablissement de l’article 4 pour les grèves et l’aliénation plus grande encore du gouvernement grec. 

mardi 11 avril 2017

Turquie : «La brume ne se dissipera pas de sitôt», entretien avec Uraz Aydin à la veille du référendum

Uraz Aydin a travaillé 17 ans comme assistant de recherche à la faculté de communication de l'Université de Marmara. Il a été licencié par le décret du 7 février 2017, dans le cadre de l'Etat d'urgence pour signature de la pétition Academics for Peace*. Traducteur de Mandel, Bensaïd. Löwy, Traverso, Achcar… il est aussi rédacteur de Sosyalist Demokrasi icin Yeniyol, revue de la section turque de la 4e Internationale. Entretien.

Uraz Aydin

Quelle est l'atmosphère politique actuelle en Turquie alors que le référendum s'approche du 16 avril et que la répression du gouvernement turc contre les forces démocratiques et progressistes s'intensifie?

Laissons tout d'abord parler les chiffres, par ex. le temps de passage à l'antenne des différents partis. Dans les vingt premiers jours du mois de mars, sur 17 chaînes TV Erdogan et divers dirigeants de l'AKP ont bénéficié de 420,5 heures de passage à l'antenne en direct et le HDP… zéro! Entre le 1er et le 22 mars, sur la chaine publique TRT Erdogan et le gouvernement ont eu droit à 4113 minutes de diffusion, le parti républicain de l'opposition CHP 216 minutes, le parti d'extrême droite désormais soumis à Erdogan 48 minutes et le HDP... une minute! Erdogan avait, il y a quelques mois, annulé par décret l'obligation d'égalité du temps de parole à l'antenne des différents partis lors des périodes électorales.

mardi 14 mars 2017

L’écosocialisme est bien plus qu’une stratégie : un projet de civilisation? Entretien avec Daniel Tanuro

Alexandre Araujo Costa : Pendant longtemps, les organisations de gauche n’ont pas accordé beaucoup d’attention aux questions environnementales en général, mais au moins depuis le 15e Congrès, la Quatrième Internationale semble s’inquiéter de plus en plus de la dite «crise écologique». Qu’est ce qui a changé ?
 
Daniel Tanuro : En effet, la plupart des organisations de gauche ont manqué le rendez-vous dans les années 1960, quand la dite « crise écologique » a émergé comme une nouvelle question d’intérêt social général (on peut d’ailleurs fixer une date symbolique de cette émergence : le livre de Rachel Carson, « Le Printemps Silencieux », publié en 1962). La raison principale, je pense, est que ces organisations étaient concentrées principalement sur les guerres et révolutions anticoloniales dans les pays dominés (Cuba, Algérie, Vietnam …), sur les mouvements de masse contre la bureaucratie à l’Est (Pologne, Hongrie) et sur la convergence de la radicalisation des jeunes et des travailleurs en Occident (Mai 68, le « mai rampant italien de 69 »,…).

mardi 21 février 2017

Podemos joue à pierre-feuille-ciseaux, par Pierre Marion (Ensemble!)

Le 11 et 12 février s’est tenu à Madrid le deuxième congrès de Podemos, plus connu sous le nom de Vistalegre II. Après une campagne incertaine et marquée par de fortes tensions entre les deux principaux courants, Pablo Iglesias s’est vue renforcé en obtenant la majorité absolue des voix. Radicalité en externe et pratiques plébiscitaires en interne sont les deux lignes principales de son projet.

La communication occupe une place centrale pour les stratèges du parti violet. Vistalegre II n’a pas échappé à la règle. Héritière d’une tradition marxiste révolutionnaire ouverte, Podemos en Movimiento, la candidature structurée autour d’Anticapitalistas, continue de lever le poing. La candidature d’Iñigo Errejon, a fait, elle, le « V » de la victoire. Représentant d’un « populisme constructiviste profond » selon l’expression de Josep Maria Antentas1, à la recherche d’une certaine normalisation et respectabilité, le « V » est symptomatique d’un secteur qui met en avant les contenus dépolitisant – les signifiants vides d’Ernest Laclau. Au milieu, Pablo Iglesias, a choisi, lui, de brandir une main ouverte en signe de ralliement. Hybridation entre eurocommunisme et populisme instrumental, le courant du secrétaire général oscille entre un côté et l’autre de la balance. Que l’on ait supporté l’une ou l’autre des candidatures, on a donc levé le poing, une main ouverte ou écarté deux doigt pour former un « V » ; ce qui a parfois fait prendre à Vistalegre II des allures de pierre-feuille-ciseaux géant.

lundi 13 février 2017

Podemos face à lui-même, par Josep Maria Antenas (suvi Notes à l'issue du congrès)

Ce week-end a lieu le congrès de Podemos, durant lequel d’importantes décisions vont être prises concernant l’avenir du mouvement. Josep Maria Antentas revient ici sur la trajectoire de Podemos et sur les débats stratégiques qui s’imposent dans la conjoncture présente. 

Josep María Antentas est professeur de sociologie à l’Universitat Autónoma de Barcelone et membre du comité éditorial de la revue Viento Sur.
Le deuxième congrès de Podemos qui est programmé pour les 11 et 12 février, en guise de catharsis interne et externe, condense tous les débats stratégiques du parti qui ont émergé abruptement après l’éclatement de son équipe de direction en mars 2016. La rupture au sommet a rendu visibles les discussions qui jusque-là n’existaient que sous une forme larvée et balbutiante et/ou n’étaient le fait que des minorités critiques qui se sont toujours opposées au modèle de parti et à la stratégie codifiés lors du premier congrès de Vistalegre en octobre 2014. Nous analyserons dans cet article la nature des options internes en lice (pas tant leurs propositions concrètes pour le congrès que leurs positions politiques de fond) et nous dresserons un bilan du modèle de parti adopté à Vistalegre d’un point de vue organisationnel.

vendredi 10 février 2017

Une menace globale – La place du trumpisme dans l’histoire, par Daniel Tanuro

Trump a un projet : gérer les Etats-Unis comme une grande entreprise, transformer celle-ci en forteresse du « capitalisme judéo-chrétien », la restructurer à la hussarde, puis lui rendre une hégémonie mondiale sans partage. Harcèlement du personnel, brutalité avec les concurrents, déni des externalités environnementales sont simplement copiés/collés du niveau de son business à celui de la société. Milliardaire populiste inculte, nationaliste, raciste, sexiste, homophobe, islamophobe, antisémite, Trump ambitionne de remodeler la société US et la carte du monde au marteau, en faisant fi de ce qui existe et en brisant ce qui résiste.

Diverses fractions de la classe dominante suivent les foucades du nouveau Président avec inquiétude. Pourront-elles le canaliser ? Devront-elles s’en défaire ? Les deux options sont ouvertes. Mais une troisième ne peut être exclue : que le boutefeu, par une fuite en avant, fasse basculer le monde dans un cauchemar de guerre et de désastre climatique.

mercredi 1 février 2017

Etat espagnol. Podemos et le Congrès de Vistalegre II : se refonder sans se dénaturer, par Jaime Pastor

«Y advertid, hijo, que vale más buena esperanza que ruin posesión, y buena queja que mala paga», Don Quijote de la Mancha, Miguel de Cervantes [Et prenez garde, mon fils, que mieux vaut bonne espérance que mauvaise possession, et bonne plainte que mauvais payement. Deuxième volume, chapitre 7, traduction billingue, Duke University] 

La tenue prochaine de l’Assemblée de Podemos (10-11-12 février 2017) apparaît comme le moment le plus critique de la brève existence – mais à un rythme accéléré – de Podemos. Cette assemblée se tient alors que l’équipe dirigeante a reconnu que la « guerre éclair » initiée suite aux élections européennes de mai 2014 n’est pas parvenue à remplir son objectif : remporter les élections générales et être en position de gouverner. 

vendredi 27 janvier 2017

Manifestations du 21 janvier aux Etats-Unis : le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine, par Socialist Worker

Elles sont venues par centaines et par milliers à Washington, Department of Columbia, remplissant des trains, des cars, des minibus et des voitures. Elles ont recouvert les rues et les parcs d’un torrent d’humanité inondant l’Esplanade nationale [1] afin d’exprimer leur colère et leur tristesse face à l’accession à la présidence de Donald Trump, mais aussi leur bonheur de se retrouver les unes les autres. 

Des scènes similaires se sont reproduites dans les villes et localités à travers tous les Etats-Unis, faisant du 21 janvier le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine : plus de 3,3 millions de participant·e·s, si l’on se base sur une tentative de recueillir des informations sur internet de toutes les protestations [cette même source indique comme estimation haute une participation de 4,6 millions] [2]. 

jeudi 26 janvier 2017

L’alliance Trump-Netanyahou, un danger mortel pour la Palestine !

D.Trump à peine installé à Washington, B. Netanyahou, qui n’attendait que cette nomination, annonce la construction de 566 logements à Jérusalem en contradiction totale avec la récente résolution 2334 votée à l’ONU interdisant de nouvelles constructions dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. 

Et ce n’est qu’un début ! Un plan « ambitieux » est annoncé de construction de 11000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. 

La politique pro-israélienne annoncée par D.Trump pendant la campagne électorale étasunienne (soutien à la colonisation, projet de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem correspondant à une reconnaissance implicite quoi qu’illégale de son annexion à Israël) contribuera à enterrer définitivement le processus d’Oslo déjà moribond de création d’un Etat de Palestine à côté d’Israël dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.