dimanche 28 août 2016

La place de l’église orthodoxe en Grèce, entretien avec Angélique Kourounis


Libre Pensée : Angélique quelle est la place de l’Eglise orthodoxe en Grèce ?

Angélique Kourounis : La place de l’Eglise est une place dominante, proéminente, énorme, qui de surcroit ne correspond pas au taux de croyants, mais qui correspond totalement aux traditionalistes. 

On va prendre un exemple : le blasphème. Il est absolument interdit de blasphémer et si la loi était appliquée en Grèce, ce qui est rarement le cas, toute personne qui blasphème irait en prison pour plusieurs mois. Or, les grecs blasphèmes du matin au soir de la façon la plus injurieuse qui soit. Ces mêmes grecques là se disent croyants, mais ne vont jamais à l’église, pratiquent encore moins les préceptes de la chrétienté, par contre le vendredi saint et à Pâques, ils sont tous à l’église.

lundi 22 août 2016

Le triste anniversaire du 3e mémorandum grec, par le CADTM

Le 13 juillet 2015 est considéré désormais comme marquant la capitulation grecque. À cette date, le gouvernement Syriza-Anel conduit par Alexis Tsipras a conclu un accord avec l’Union européenne, qui s’est soldé par la signature officielle d’un troisième mémorandum le 14 août 2015. |1|

Une véritable volte-face du gouvernement par rapport à ses engagements de campagne et au résultat du référendum du 5 juillet. |2| Depuis lors, les débats stratégiques vont bon train au sein de la gauche radicale sur les alternatives possibles |3|, mais un point est sûr : ce troisième mémorandum approfondit et consolide les deux précédents. Car qui dit accord de prêt avec l’Union européenne, dit conditions. Tandis que la Grèce n’est plus sous les feux des projecteurs médiatiques, retour (non exhaustif) sur un an de casse sociale, d’assujettissement exacerbé et de dislocation du pays.

jeudi 18 août 2016

Grèce : La mort sociale des retraités, par Stathis Kouvelakis


Le parlement grec a voté le 5 mai 2016 un projet de loi aux lourdes conséquences pour la population puisqu’il portait à la fois sur la réforme des retraites et de nouvelles mesures fiscales. La discussion à la Vouli (= parlement grec) étalée sur un week-end a duré moins de 48 heures. Cette hâte s’explique facilement : il s’agissait en effet de faire passer de nouvelles décisions anti populaires avant la réunion de l’eurogroupe du lundi 6 mai. Le vote de ces mesures dans les délais impartis figurait en première ligne des exigences posées par la Troïka pour valider l’examen (review) de la mise en œuvre des engagements contractés par le gouvernement grec lors de la signature du troisième mémorandum. Après tout, ce même mémorandum, signé par Alexis Tsipras en juillet 2015 (un document de plus de mille pages sans les annexes), qui impliquait l’ensemble des mesures que le parlement grec ne fait que valider depuis cette date, avait également été voté en moins de 48 heures, là encore pour se conformer aux ultimatums de la Troïka et parfaire le tableau de la vassalisation du pays et de ses institutions représentatives.

mardi 9 août 2016

Syrie. Alep: broyer une population, pour «négocier»… à Genève, par Laure Stephan et témoignage du Dr Raphaël Pitti

C’est une lutte capable de changer le cours de la guerre d’après les partisans du régime; une bataille «à la vie à la mort», pour les militants anti-Assad. Dans les deux camps, les combats en cours, qui pourraient sceller le sort d’Alep, la seconde ville de Syrie divisée en deux depuis 2012, apparaissent cruciaux. Le face-à-face militaire ne se joue pas dans le cœur de la ville, mais dans ses alentours, sur un front situé au sud-ouest de l’ancienne capitale économique, autour de positions dont la consolidation reste précaire.

lundi 8 août 2016

Grande Bretagne : « Ukipisation » du Parti conservateur ; la gauche pro-Brexit dans le déni, par Alan Thornett


Il était clair, bien avant son lancement, que le référendum sur l’Union européenne contiendrait de sérieux risques pour la gauche, pour le multiculturalisme et l’antiracisme en Grande-Bretagne. La campagne elle-même ne pouvait qu’être un festival de racisme et de xénophobie et une issue favorable au Brexit ne pouvait que provoquer un glissement important à droite de la politique en Grande-Bretagne, aussi bien au niveau du gouvernement que de l’attitude de l’opinion publique. Le racisme et la xénophobie ne pouvaient qu’être renforcés et la gauche rejetée sur la défensive.

Grèce : Résolution politique de la conférence fondatrice de LA.E (Laïki Enotita, Unité Populaire)


1 Laïki Enotita se constitue en tant que front organisé de la gauche radicale moderne. Il se compose d’organisations politiques et de militant-e-s qui acceptent ses thèses programmatiques et ses règles de fonctionnement, tels qu’ils ont été approuvés par la première conférence nationale.
 
Tous les membres de LA.E participent avec les mêmes droits à son fonctionnement, qu’ils soient adhérents à des organisations politiques ou qu’ils soient inorganisés, dans le cadre de ses comités politiques, de ses organes et de son activité politique de masse.

dimanche 7 août 2016

Turquie. Après la tentative putschiste, état d’urgence et union nationale, par Uraz Aydin


C’est par l’instauration de l’état d’urgence qu’Erdogan et le Conseil de sécurité national ont répondu à la sanglante tentative de coup d’Etat qui avait eu lieu dans la nuit du 15 juillet. Limité – pour l’instant – à une période de trois mois, l’état d’urgence permet au gouvernement, entre autres, de prolonger la durée des gardes à vue jusqu’à trente jours, de déclarer des couvre-feux, d’interdire les rassemblements publics et d’édicter des décrets à force législative. Toutefois si l’état d’urgence ne comprend pas la torture, celle-ci est déjà en vigueur comme l’attestent les photos des militaires détenus diffusées par l’agence de presse étatique, avec fierté…



L’état d’urgence en chiffres

Si l’on se fie aux chiffres officiels concernant les arrestations et les purges, le niveau d’infiltration de la confrérie de Fetullah Gülen (dont la responsabilité dans le coup d’Etat est désormais dévoilée par les témoignages) dans l’appareil d’Etat est stupéfiant. Il semblerait que les aides de camp d’Erdogan ainsi que ceux du chef de l’état-major soient dans le coup. Et l’aveu d’Erdogan selon lequel il n’avait pu joindre ni le chef des renseignements (qu’il avait auparavant dénommé sa «boîte à secret»), ni le chef de l’état-major dans la soirée du coup d’Etat et le fait que ces derniers n’aient pris connaissance de la tentative qu’à 16 heures, alors qu’Erdogan l’apprit quatre heures après – et par d’autres sources – indiquent que la conspiration a été plus profonde qu’il ne le semble et donc pas limitée aux adeptes de Gülen. Il s’agit probablement d’une coalition des gülenistes avec d’autres groupes militaires hostiles à Erdogan, mais comme le signale Selahattin Demirtas, leader du HDP, les putschistes peuvent avoir des contacts à l’intérieur de l’AKP.

mardi 2 août 2016

Chine. Le récit de l’exploitation et de la lutte d’un ouvrier, par Hao Ren, Zhongjin et Eli Friedman


Dans le régime en Chine, le syndicalisme indépendant est strictement interdit et l’organe syndical officiel monopolise la représentation des travailleurs. Cela signifie que les 806’498’521 travailleuses et travailleurs du pays n’ont pas le droit de créer des organisations indépendantes pour la défense de leurs intérêts, cela dans une économie où 25 % des foyers les plus pauvres possèdent à peine le 1 % de la richesse totale du pays et où les longues journées de travail, le manque de sécurité et l’autoritarisme caractérisent la vie dans les usines.

Après l'OXI et le Brexit: La crise de l'Union Européenne et la Gauche, par Angela Klein


En l'espace d'une seule année, deux peuples d'Europe, l'un au sud, l'autre au nord, ont voté contre l'UE et sa politique – avec des motivations différentes et un cap opposé. Alors que l'OXI grec du 5 juillet était dirigé contre les diktats austéritaires de la troïka et la relégation du pays au statut de semi-colonie, le Brexit a été marqué avant tout par la peur de "l'invasion étrangère" et par le souhait de verrouiller la liberté de circulation des personnes à l'intérieur de l'UE, tout en exprimant du même mouvement le désir de régler leur compte aux élites politiques dominantes. Le NON grec avait été piloté par la gauche, le NON britannique a été piraté par la droite.

dimanche 31 juillet 2016

Italie. Nous avons un problème: les banques, par Franco Turigliatto


Après sa popularité initiale et l’imposition avec succès d’une série de contre-réformes néolibérales, Matteo Renzi s’affronte désormais à une situation plus difficile : le déclin de sa crédibilité dans de larges secteurs populaires et une nette défaite, lors des élections municipales (juin 2016). Tout cela s’intègre dans une situation économique incertaine dans le contexte d’une crise de l’Union européenne.

Un système en crise

Après avoir fait aboutir de nombreuses contre-réformes qui ont massacré le droit du travail, chamboulé le système public d’éducation, opéré des coupes accrues dans les dépenses sociales, en particulier dans le secteur de la santé, Renzi a mené de manière parallèle une réforme institutionnelle et une loi électorale profondément antidémocratique, fonctionnelles à la prédominance de l’exécutif et garantissant des majorités parlementaires artificielles. Toutefois, le cours de la politique de Renzi fait face à de nombreux obstacles.