mercredi 28 septembre 2016

Allemagne. Elections à Berlin. Erosion des partis du «juste milieu», par Manuel Kellner

Les élections dans le Land de Berlin (élections régionales) confirment des tendances lourdes apparues lors de celles qui se sont déroulées dans le Land de Mecklenburg-Vorpommern (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) deux semaines avant.

Avant tout, l’AfD (Alternative für Deutschland, l’Alternative pour l’Allemagne) – le parti de droite extrême et d’extrême droite – se présentait pour la première fois dans ce Land. Il obtient 14, 2% des voix. C’est beaucoup dans une grande ville. Les partis établis sont, dorénavant, qualifiés «d’anciens – d’ex-partis populaires» («ehemalige Volksparteien») dans les grands médias. [L’AfD siège dans les assemblées de dix des seize Länder.]

mardi 27 septembre 2016

Podemos face au défi européen. Entretien avec Josep Maria Antentas

Malgré son succès, Podemos refuse toujours d’aborder sérieusement la question de l’Union européenne et de ce qu’il faudrait faire pour transformer véritablement l’Espagne.
En Espagne, la réaction populaire contre l’austérité qui a commencé avec le mouvement des Indignés – communément appelé 15-M, en référence au 15 mai, le jour du début des manifestations en 2011 – a permis l’émergence de formations politiques nouvelles bénéficiant d’un large soutien. Podemos, un parti qui a émargé à partir du mouvement 15-M, est un nouvel acteur majeur dans la scène politique nationale.

En décembre 2015, pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste en 1977, les élections générales espagnoles n’ont pas réussi à produire de majorité parlementaire. Podemos a recueilli environ 20% des voix, juste derrière la droite du Parti Populaire (PP) et le Parti Socialiste (PSOE). Aucune coalition n’ayant pu se former, de nouvelles élections ont été annoncées pour juin 2016.
Avant la tenue de ce second scrutin, Podemos a conclu une alliance avec la Gauche Unie (IU), une coalition issue des partis historiques de la gauche espagnole. Mais cette nouvelle coalition, appelée Unidos Podemos, n’a pas réussi à mobiliser sa base et le PP a gagné les élections à la suite de ce second vote.

Le gouvernement Tsipras sur la voie de la plus importante liquidation de la richesse nationale dans l’histoire du pays, par Panayotis Lafazanis, secrétaire du Conseil Politique de Laïki Enotita (Unité Populaire)

Le projet de loi multiple a été déposé par le gouvernement pour être voté selon des procédures exprès antidémocratiques, qui humilient une nouvelle fois le parlement en en faisant un simple décor dressé à la va-vite pour légaliser des dispositions mémorandaires. Il constitue une monstruosité profondément réactionnaire qui affecte lourdement le cœur du pays, de l’économie et du peuple.

Ce projet de loi impose une nouvelle offensive mémorandaire contre l’assurance sociale, au détriment des professions et des activités économiques à petit et très petit revenu. Elle conduira à une nouvelle vague d’épuisement et d’élimination de milliers de personnes dans les professions scientifiques, techniques et libérales, en particulier parmi les jeunes et les plus pauvres, mais aussi la disparition de milliers de petites entreprises, avec pour conséquence une nouvelle escalade du chômage et du désespoir dans notre société.

lundi 26 septembre 2016

Jeremy Corbyn réélu à la tête du Parti travailliste, réactions dans la gauche britannique, par François Coustal

Après le référendum sur la sortie de l’Union européenne – le fameux « Brexit » – la droite du Parti travailliste a tenté de remettre en cause la légitimité de Jeremy Corbyn, premier leader élu directement par les militants et les sympathisants.

Officiellement, il lui était reproché de ne pas s’être suffisamment investi en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE. En pratique, l’appareil du Parti travailliste et son groupe parlementaire - qui se revendiquent directement de l’héritage de Tony Blair – n’ont jamais admis le désaveu qu’a constitué l’élection de Jeremy Corbyn, après l’échec électoral de 2015. Il faut d’ailleurs rappeler que la proposition de faire élire le dirigeant du Parti directement par les adhérents et les sympathisants (recensés ou affiliés) avait pour but de restreindre l’influence, réelle ou supposée, des syndicats sur le Parti travailliste, dans la mesure où cette influence était considérée par les héritiers de Blair comme le vestige d’un passé révolu, celui des origines « ouvrières » du Parti travailliste. Las ! L’affaire s’est totalement retournée.

dimanche 11 septembre 2016

Pas de « Sortie de gauche » de l’UE sans une « Europe Debout », par Catherine Samary

Depuis le traumatisme grec – à la fois diktat néo-colonial de l’euro-groupe et acceptation par Tsipras de s’y soumettre malgré « l’OXI » - le « Non » populaire grec – la gauche radicale européenne débat de « plans B », sans aucun consensus stratégique ni tactique. Le référendum du Royaume-Uni (RU) en est l’amère illustration sans que la gauche anti-raciste et opposée à l’UE ait les conditions d’expression d’une alternative crédible aux institutions et politiques dominantes, nationales, européennes et internationales. Moins médiatisé que le Brexit, le referendum du 6 avril dernier aux Pays-Bas, rejetant l’accord d’association de l’Ukraine avec l’UE illustre honteusement les mêmes « choix » piégés pour la gauche internationaliste. 
 
N’est-il pas temps de rendre visible une « Europe Debout ! » plurielle mais contestataire des politiques et institutions dominantes, construisant un espace politique européen alternatif dans/hors/contre l’UE ?

Yanis Varoufakis. Désobéir, pour une autre Europe, par Roger Martelli

Mediapart vient de publier un appel de Yannis Varoufakis et de son mouvement DiEM25. À la fois hostile à "l’européisme" et au "souverainisme", il plaide pour un mouvement pan-européen de désobéissance. Une prise de parti qui mérite considération.

Yanis Varoufakis a quitté le gouvernement grec à l’été 2015, après l’acceptation grecque de l’accord imposé par l’Eurogroupe. Il n’a alors pas mâché ses mots pour critiquer la gestion d’Alexis Tsipras. Ce n’est pas pour autant qu’il a rallié les options des partisans résolus d’un Lexit (départ de gauche de l’Union). Dans le texte publié par Mediapart, il se démarque ainsi vigoureusement des propositions de son compatriote Statis Kouvelakis, du Britannique Tariq Ali, de l’Espagnol Vincenç Navarro et de l’Italien Piero Fassina.

samedi 10 septembre 2016

Prenez garde gentlemen européens à l’automne grec, par Agnès Matrahji

Voilà où est arrivée la Grèce avec le fardeau migratoire… Après la période estivale, septembre revient sur le devant de la scène avec une multitude de problèmes : l'été n'a fait qu'aggraver la situation. Etat des lieux depuis Lesbos. 

NB de la rédaction de Mediapart : Agnès Matrahji, qui signe ici son premier billet dans le Club de Mediapart, habite l'île grecque de Lesbos. Elle était l'invitée de notre soirée exceptionnelle consacré aux réfugiés, organisée au Théâtre de la Ville à Paris en mai dernier. Son témoignage avait également été recueilli à l'occasion d'un reportage en images à Lesbos en février dernier, que l'on peut visionner ici.

Il n’y a pas d’été pour ceux qui attendent dans des camps en Grèce depuis plusieurs mois que leur demande d’asile soit acceptée pour un pays meilleur que celui qu’ils ont quitté. Il n’y a pas de trêve à l’angoisse de l’attente, de la faim, du sommeil sous une tente. Les esprits et les nerfs sont surchauffés sous le soleil de plomb des lieux de détention où ils s’entassent. Lieux de détention, de rétention ? 

mardi 6 septembre 2016

Allemagne : victoire de l'extrême-droite, par Manuel Kellner


Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale est un Land au nord-est de l’Allemagne, situé sur le territoire de l’ex-RDA. Il n’y a que 1,33 million de personnes qui y ont le droit de vote. Néanmoins, le résultat des élections régionales du 4 septembre 2016 dans ce Land secoue le débat politique en Allemagne jusqu’au niveau fédéral. C’est une victoire spectaculaire de l’AfD (Alternativefür Deutschland, semblable au FN français ou au UKIP britannique). Tous les autres partis perdent à son profit, surtout le SPD social-démocrate, la CDU chrétienne-conservatrice, et plus encore le parti Die Linke (La Gauche).

En 2011, seuls 51,5 % de l’électorat avaient participé aux élections, cette fois-ci ce sont à peu près 61 %. C’est surtout l’AfD, avec un profil raciste et xénophobe agressif, qui a pu mobiliser l’attention publique et les voix de ceux qui ne s’étaient pas rendus aux urnes il y a cinq ans.

dimanche 4 septembre 2016

Venezuela : Depuis le chavisme, construire une opposition de gauche au gouvernement

La mesure prise par le gouvernement de Nicolas Maduro, le 5 août 2016, ne représente que la ratification de son orientation de rompre avec le processus bolivarien. La signature des accords avec la firme minière canadienne Gold Reserve consolide un cours d’adaptation au capital financier international. Contrairement à ce que leurs partisans prétendent, l’écocide et le projet prédateur connu sous le nom d’Arco del Minero Orinoco (AMO) restera dans l’histoire de notre pays comme l’emblème de la braderie, de l’abandon et de la trahison par le gouvernement Maduro du processus de lutte qui, avec Chavez [1], a marqué le pays au cours des deux dernières décennies.

AMO est le symbole le plus fort de la capitulation de la direction du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) et du gouvernement, mais ce n’est pas le seul. Examiné d’aujourd’hui, on peut vérifier comment, étape par étape, depuis plus de trois ans, le gouvernement a construit un parcours de contre-réformes réactionnaires qui progressent dans le démantèlement du projet Chavez, et avant tout, des droits et des conquêtes réalisés par notre peuple dans tous les domaines : économique, politique, social.

samedi 3 septembre 2016

Brésil DOCUMENT : le discours de Dilma Roussef devant le Sénat

 Le 1er janvier 2015, j’ai entamé mon deuxième mandat en tant que Présidente de la République fédérative du Brésil. J’ai été élue avec 54 millions de voix.

Lors de mon discours d’investiture, j’ai pris l’engagement de préserver et de défendre la Constitution, ainsi que celui de respecter les lois, et de tout faire pour le bien du peuple brésilien, de subvenir aux besoins de l’Union et de soutenir l’intégrité et l’indépendance du Brésil.

Durant l’exercice de la Présidence de la République, j’ai respecté fidèlement l’engagement que j’avais pris devant la Nation et devant ceux qui m’avaient élue. Et j’en suis fière. J’ai toujours cru en la démocratie et en l’état de droit, et j’ai toujours vu la Constitution de 1988 comme l’une des grandes conquêtes de notre peuple.